L’éveil du printemps


azerty283Malgré le public peu foisonnant du mercredi 29 mai, nos mains étaient moites et nos cœurs battaient bel et bien dans les froides coulisses d’où nous observions avec angoisse la chaude lumière de la salle. Puis, après un trépignement de pieds gelés, les chuchotements cessèrent et la voix de Bettina présenta la pièce que nous jouions, voilà ce qu’elle dit (ou du moins voilà de quoi vous donner une idée du sujet de la pièce) :
«Cette pièce se passe au XIXème siècle en Allemagne, c’est-à-dire à l’endroit et à l’époque relative de son écriture bien que les indices spatio-temporels soit presqu’inexistants. Elle raconte, à travers l’histoire d’un groupe de jeunes gens du même village, la façon dont les garçons et les filles se voyaient et se fréquentaient à cette époque. Il y avait donc de l’amour bien sûr mais aussi d’autres préoccupations chez ces adolescents, telles que la découverte de l’autre sexe, les attentes des parents, les projets d’avenir ou l’école, qui sont encore actuelles. On peut alors comprendre le titre de la pièce qui est : « L’éveil du printemps« . Belle métaphore pour expliquer un passage de l’adolescence à l’âge adulte où tout n’est plus aussi simple que robe rose et ruban bleu.
L’histoire en elle-même est la suivante : On suit à la fois la vie de trois personnages principaux qui font partie du cercle des jeunes gens. Il y a Wendla, une jeune fille dont la mère très puritaine ne lui enseigne rien de la vie qui l’attend ; Melchior, jeune homme libre et intellectuel qui aime Wendla et Moritz dont les parents n’attendent de lui qu’une réussite scolaire, but qu’il ne pourra atteindre et dont la recherche le poussera au suicide. Autour de cette intrigue principale, assez réaliste et triste (Wendla meurt des suites d’un avortement destiné à cacher au monde qu’elle était enceinte de Melchior), de drôles de petites scènes viennent s’ajouter pour former un tout étrange et réjouissant comme la scène de déclaration amoureuse entre deux lycéens Jeannot et Ernst ou la scène durant laquelle madame Bergman, la mère de Wendla, explique à sa fille, qui ne croit plus à la cigogne, la façon dont elle est venue au monde. Ces scènes font appel à un cortège de personnages plus caricaturaux les uns que les autres qui représentent le monde des adultes tels que la mère de Wendla, le professeur Fracadosse, le recteur Coup-de-Soleil ou le docteur Bicar de Bonate. »
Après cette présentation, il fallait y aller, le tourbillon commençait. D’abord une soirée pyjama, des batailles d’oreillers, du piano et une scène de Titanic plus vraie que nature. Ensuite une robe de pénitence, des lycéens travailleurs (ou moins) et des jeunes filles en rubans, une cigogne, des amoureux et l’homme masqué.

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