Rencontre avec In Koli Jean Bofane


Le Jeudi 26 novembre, In Koli Jean BOFANE a rencontré au CDI des élèves de Première et Terminales dans le cadre du festival « Plumes d’Afrique ».
L’écrivain belge de nationalité congolaise a retracé son parcours, et a témoigné de son engagement dans un monde qu’il souhaiterait « mondialisé » non par des valeurs économiques, mais par des valeurs humanistes.
Né en 1954, Jean Bofane a connu la guerre après l’Indépendance du Congo en 1960 et a fui en Belgique avec sa famille. A l’âge de 10 ans, il rentre au Congo avec son père et découvre la littérature à travers les contes des mille et une nuits et les romans d’Emile Zola.
Très jeune, il prend conscience de l’importance de la parole, lorsqu’il voit sa mère menacée de mort se défendre verbalement face à ses agresseurs. « Si vous ne prenez pas la parole, quelqu’un la prendra à votre place ».
Jean Bofane a commencé à écrire à 40 ans, en publiant un livre pour enfants déjà engagé sur la dictature « Pourquoi le lion n’est pas le roi des animaux ». A 50 ans il écrit son 1er roman » Mathématiques congolaises », puis à 60 ans « Congo.Inc le Testament de Bismarck » pour lequel il était invité au lycée et a reçu de nombreux prix.
Pour l’auteur, écrire un roman, c’est « réfléchir avec les lecteurs, leur offrir des pistes de réflexion, comme un grand forum ». Le roman est « une arme redoutable » qui permet de traiter un problème de manière complexe
Son dernier roman, ancré dans l’histoire du Congo , réserve mondiale de minerais, traite d’une part de la mondialisation « dont le premier grand drame est cette guerre du Congo qui a fait 6 millions de morts », et d’autre part de notre destin d’être humain, à travers des personnages parfois satiriques mais malheureusement souvent en lien avec des personnages réels.
Le fil qui relie les écrits de Jean Bofane est la thématique des conflits, ce qui n’empêche pas l’auteur de croire en l’Homme et à l’avenir du Continent Africain, particulièrement jeune dans sa population.
Jean Bofane a su captiver un auditoire attentif qui n’est pas prêt d’oublier cette rencontre avec un écrivain engagé et passionnant, qui trois jours après son intervention au lycée Descartes a été désigné comme le lauréat 2015 du prix « des Cinq continents de la Francophonie » pour Congo Inc. Le testament de Bismarck.

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